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La création de la station des Orres date de novembre 1970

Le jour de l'inauguration du premier remonte-pente fut difficile. En effet, il y eut une grosse chute de neige et la route était difficile.
Malgré tout, par -15°, le cérémonial sera respecté, une bouteille de champagne fut cassée sur les supports de la remontée mécanique.
La station des Orres est née et chacun pense que ce mauvais temps ne peut être que le présage d'un bel avenir


Quelques dates clés depuis 1970

* Noël 1970 : Télésiège du Gué (Prébois) - Télésiège Bois long - Téleski Perescuelle 1

* 1971 : Télésiège Fontaines - Téleski Pic Vert - Réception de nouvelles résidences : Mazelière - Silhouraïs - Epervière

* 1972 : Téleski Prévieux - Téleski Portette - Réalisation des 2 premiers courts de tennis - Réception des résidences : Sunny Snow - Horizon - Hôtel La Résidence (actuellement l'Escale Blanche)

* 10 juillet 1973 : Etape du Tour de France cyliste Meribel - Les Orres
Réception des résidences : Cembros - Carlines - La galerie marchande Les Soldanelles

* 1974 : Télésiège Prélongis - Téleski Boussolenc - Téleski Galopins 1 - Réception des résidences : Orrianes des Neiges - Les Mélèzes - Lou Miarze - Hôtel Les Arolles

* 1975 : Aménagement de la piscine - Réception des résidences : Boussolenc - Le Cabri - Les Ecrins - Perce-Neige - Pérescuelle

* 1976 : Réception des résidences : Orrianes des blés - La Seille - L'Eterlou

* 1977 : Télésiège Pousterle - Téleski Marmottes - Création du Jardin des Neiges - Réception des résidences : Belvédère et Tavaillons

* 1978 : Téleski Riou Sec - Réception des résidences : Orrianes des Sources - Oustal - Pic vert - Hôtel Korn ar c'Hoat (actuellement Les Trappeurs) - La Bulle

* 1979 : Téleski Bambi au jardin des neiges - Réception des résidences : Chalet des Orres - Flocons - Gradins - Roche Blanche - Hôtel Boussolenc (actuellement l'Ancolie) - Homologation internationale homme de la piste de descente de la Pousterle

* 1980 : Réception des résidences : Orrianes des Forêts - Pouzenc

* 1981 : Aménagement de Champ Lacas - Mise en route de la première installation d'enneigement artificiel sur 3 ha - Réception des résidences : Chamoisière - Méale

* 1982 : Télésiège Grand Clos - Tékeski Perescuelle 2 - Téleski Bergerie - Réception des résidences : Aupillon - Cairn

* 1er décembre 1983 : Réception des résidences : Balcon des Orres - Orrianes des Cimes

* 1984 : Mise en service du fil neige au jardin des neiges

* 6 juillet 1986 : 1ère édition de la course de côte automobile internationale Embrun - Les Orres - Saint Sauveur

* 1987 : Télésiège Champ Lacas - Téleski Galopins 2

* 1988 : Réception de : Hôtel VitaHôtel (actuellement Hôtel les Ecrins)

* 17 juillet 1989 : Accueil du Tour de France cycliste féminin

* Noël 1990 : Inauguration du système d'enneigement automatique sur 20 ha

* 1999 : Premier télésiège 6 places débrayable Prélongis

* 2002 : Second télésiège 6 places débrayable Pousterle

* 2007 : Troisième télésiège 6 places débrayable Fontaines


Côté Architecture, Jean-Michel Legrand, architecte concepteur de la station raconte :

LES ORRES, Hautes-Alpes
"Une station de montagne que l'on aménage dans un site que l'on ménage"


On ne peut passer dans la vallée de la Durance, en aval d'Embrun, sans remarquer, brillant au soleil, le massif des ORRES dominé par les pics de Boussolenc (2.700 m) et de Pouzenc (3.000 m) restant enneigés une bonne partie de l'année

La vallée fut le grenier à blé d'Embrun et la résidence campagnarde des évêques de Gap et d'Embrun

L'économie pastorale déclinante se trouve maintenant équilibrée par le tourisme, grâce aux emplois créés par la Station.

L'urbanisme et l'architecture mettent remarquablement en valeur la spécificité du site

La topographie, le climat, la position de la forêt et des talwegs ont conduit à urbaniser un versant, comme ce fut initialement le cas pour les hameaux existants des ORRES, et à former dans ce grand cirque de montagne un chapelet de constructions qui s'étage linéairement de 1.500 à 1.720 mètres, panorama remarquable que l'on découvre soudain lorsque la route d'accès passe sous le "Château"

Le domaine skiable qui s'étend de 1.550 m à 2.720 m se situe dans la forêt de Prébois de mélèzes, couronnée par de grands champs de neige. Le plan neige correspond aux nouveaux hameaux d'urbanisation de PRAMOUTON et BOIS-MEAN, zones denses reliées par une zone calme aménagée dans les clairières de la forêt de mélèzes : PREBOIS

La capacité de la station restera moyenne : au maximum 14 à 15.000 lits

Les gabarits des immeubles restent modestes, comparables en hauteur à ceux des mélèzes qui les entourent, sauf dans le centre de PRAMOUTON, dont la densité permet de financer les aménagements d'infrastructures.

Les circulations en peigne inversé (chaussées et pistes) permettent la desserte de tous les immeubles, aller et retour skis aux pieds. Ce fut la première station disposant d'un tel avantage.

Au cours des années 1968-1970, ces principes d'urbanisme étant admis, ce site sensible, dont la route d'accès n'était pas terminée, n'a pas été attribué à un promoteur unique, comme ce fut le cas pour d'autres stations ; il fallut faire appel à une société départementale traitant avec des entrepreneurs locaux des chantiers de la taille d'un immeuble, au coup par coup

Ce mode d'exécution nécessitant en permanence d'équilibrer les dépenses d'infrastructures nécessaires à la construction d'un immeuble par la vente des terrains à construire, a nécessité une étude d'ensemble, avec un cahier des charges très précis, puis des études de détails à l'ouverture de chaque zone, permettant à la société de traiter chaque chantier au fur et à mesure de l'avancement des routes (pour définir chaque lot de construction sur son terrain)

Ces contraintes contradictoires ont nécessité une méthode de réalisation adaptable à des immeubles de dimensions et de programmes variables, et à des constructeurs disposant de moyens divers

Par contre, une discipline architecturale portant sur la dimension des immeubles, la nature des matériaux, le système de toiture évitant toute chute de neige ou de glace etc.... a été définie par les règlements de la station, la diversité étant obtenue par les programmes, l'orientation, la topographie, le boisement et les vues

Dans les quartiers, très différents les uns des autres, l'usage des mêmes matériaux et des mêmes couleurs contribue à créer, malgré la diversité des formes, une architecture remarquablement intégrée dans son site naturel.

Les matériaux et principes de construction

Nous sommes en Dauphiné et l'architecture des hameaux anciens est constituée de maisons relativement basses aux murs enduits et couronnées de greniers en bois

Il fallait transporter pour la construction d'immeubles souvent plus hauts : ce fut fait avec les mêmes matériaux et des dimensions d'ouvertures adaptées à des constructions réservées au tourisme

La toiture à 2 pentes de ces anciennes maisons rurales ne pouvait être utilisée que pour des chalets de faible hauteur, alors que pour des constructions plus hautes elle aurait évidemment représenté un réel danger de chutes de neige et de glace

Tous les immeubles de PRAMOUTON et de PREBOIS ont été construits selon un principe spécifique, mis au point lors de l'étude de la station. Ce qui a permis de n'enregistrer aucun accident de cette nature

La couverture des immeubles est une toiture-terrasse traditionnelle, dans certains cas à plusieurs niveaux. Les étanchéités sont protégées par un porte-neige de construction légère qui les mettent à l'abri des intempéries destructrices, la différence de température, certains jours, pouvant atteindre 60°. Dans le vide créé entre la terrasse et le porte-neige, débouche l'air chaud des ventilations mécaniques des appartements, qui transforme la neige du porte-neige en eau, recueillie sur les terrasses et reprise par les descentes d'eau pluviale intérieures aux immeubles, avant que cette neige n'ait pu tomber de la façade. (Voir schéma)

Cette disposition permet de créer des terrasses accessibles dans la toiture, donnant un gros avantage à certains appartements.


Le bois des superstructures est le red-cedar ou le mélèze


Les murs sont revêtus d'enduits à gros grains de couleur uniformément claire

Tous les immeubles sont posés sur le terrain, et les travées échelonnées aux divers niveaux naturels, évitant ainsi la majorité des terrassements. On a vu, de ce fait, la floraison ancienne repousser au pied des immeubles

Jean-Michel LEGRAND 12 avril 2007