Hiver Ete
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LES ORRES, Hautes-Alpes

 

"Une station de montagne que l'on aménage dans un site que l'on ménage"

 

On ne peut passer dans la vallée de la Durance, en aval d'Embrun, sans remarquer, brillant au soleil, le massif des ORRES dominé par les pics de Boussolenc (2.700 m) et de Pouzenc (3.000 m) restant enneigés une bonne partie de l'année

La vallée fut le grenier à blé d'Embrun et la résidence campagnarde des évêques de Gap et d'Embrun
 

L'économie pastorale déclinante se trouve maintenant équilibrée par le tourisme, grâce aux emplois créés par la Station.

 

L'urbanisme et l'architecture mettent remarquablement en valeur la spécificité du site

La topographie, le climat, la position de la forêt et des talwegs ont conduit à urbaniser un versant, comme ce fut initialement le cas pour les hameaux existants des ORRES, et à former dans ce grand cirque de montagne un chapelet de constructions qui s'étage linéairement de 1.500 à 1.720 mètres, panorama remarquable que l'on découvre soudain lorsque la route d'accès passe sous le "Château"

Le domaine skiable qui s'étend de 1.550 m à 2.720 m se situe dans la forêt de Prébois de mélèzes, couronnée par de grands champs de neige. Le plan neige correspond aux nouveaux hameaux d'urbanisation de PRAMOUTON et BOIS-MEAN, zones denses reliées par une zone calme aménagée dans les clairières de la forêt de mélèzes : PREBOIS

La capacité de la station restera moyenne : au maximum 14 à 15.000 lits

Les gabarits des immeubles restent modestes, comparables en hauteur à ceux des mélèzes qui les entourent, sauf dans le centre de PRAMOUTON, dont la densité permet de financer les aménagements d'infrastructures.

Les circulations en peigne inversé (chaussées et pistes) permettent la desserte de tous les immeubles, aller et retour skis aux pieds. Ce fut la première station disposant d'un tel avantage.

Au cours des années 1968-1970, ces principes d'urbanisme étant admis, ce site sensible, dont la route d'accès n'était pas terminée, n'a pas été attribué à un promoteur unique, comme ce fut le cas pour d'autres stations ; il fallut faire appel à une société départementale traitant avec des entrepreneurs locaux des chantiers de la taille d'un immeuble, au coup par coup
 

Ce mode d'exécution nécessitant en permanence d'équilibrer les dépenses d'infrastructures nécessaires à la construction d'un immeuble par la vente des terrains à construire, a nécessité une étude d'ensemble, avec un cahier des charges très précis, puis des études de détails à l'ouverture de chaque zone, permettant à la société de traiter chaque chantier au fur et à mesure de l'avancement des routes (pour définir chaque lot de construction sur son terrain)

Ces contraintes contradictoires ont nécessité une méthode de réalisation adaptable à des immeubles de dimensions et de programmes variables, et à des constructeurs disposant de moyens divers

Par contre, une discipline architecturale portant sur la dimension des immeubles, la nature des matériaux, le système de toiture évitant toute chute de neige ou de glace etc.... a été définie par les règlements de la station, la diversité étant obtenue par les programmes, l'orientation, la topographie, le boisement et les vues

Dans les quartiers, très différents les uns des autres, l'usage des mêmes matériaux et des mêmes couleurs contribue à créer, malgré la diversité des formes, une architecture remarquablement intégrée dans son site naturel.

 

Les matériaux et principes de construction

Nous sommes en Dauphiné et l'architecture des hameaux anciens est constituée de maisons relativement basses aux murs enduits et couronnées de greniers en bois
 

Il fallait transporter pour la construction d'immeubles souvent plus hauts : ce fut fait avec les mêmes matériaux et des dimensions d'ouvertures adaptées à des constructions réservées au tourisme

La toiture à 2 pentes de ces anciennes maisons rurales ne pouvait être utilisée que pour des chalets de faible hauteur, alors que pour des constructions plus hautes elle aurait évidemment représenté un réel danger de chutes de neige et de glace

Tous les immeubles de PRAMOUTON et de PREBOIS ont été construits selon un principe spécifique, mis au point lors de l'étude de la station. Ce qui a permis de n'enregistrer aucun accident de cette nature
 

La couverture des immeubles est une toiture-terrasse traditionnelle, dans certains cas à plusieurs niveaux. Les étanchéités sont protégées par un porte-neige de construction légère qui les mettent à l'abri des intempéries destructrices, la différence de température, certains jours, pouvant atteindre 60°. Dans le vide créé entre la terrasse et le porte-neige, débouche l'air chaud des ventilations mécaniques des appartements, qui transforme la neige du porte-neige en eau, recueillie sur les terrasses et reprise par les descentes d'eau pluviale intérieures aux immeubles, avant que cette neige n'ait pu tomber de la façade. (Voir schéma)

Cette disposition permet de créer des terrasses accessibles dans la toiture, donnant un gros avantage à certains appartements.


Le bois des superstructures est le red-cedar ou le mélèze

 
Les murs sont revêtus d'enduits à gros grains de couleur uniformément claire 

Tous les immeubles sont posés sur le terrain, et les travées échelonnées aux divers niveaux naturels, évitant ainsi la majorité des terrassements. On a vu, de ce fait, la floraison ancienne repousser au pied des immeubles

Jean-Michel LEGRAND 12 avril 2007